14 De la fécondation à la puberté

 

1) Identité sexuelle et identité sexuée

Tout individu possède une identité sexuelle et une identité sexuée qui peuvent être en concordance ou en discordance. L’identité sexuelle est liée au sexe biologique présent à la naissance : l’individu est mâle ou femelle.

L’identité sexuée est liée aux normes sociales attribuées à ce sexe biologique. Dès la naissance, garçons et filles sont éduqués et socialisés en fonction de ces modèles de masculinité et de féminité. La construction de l’identité sexuée est la résultante de l’interaction entre les facteurs biologiques, l’influence de la société et la capacité de l’individu et son désir d’être comme on attend qu’il soit. Dans le champ biologique, l’identité sexuée est donc fondée sur l’identité sexuelle.

2) Les différentes échelles du phénotype

Les caractéristiques sexuelles d’un individu se déterminent à différentes échelles. Tout d’abord à l’échelle de l’organisme : on parle de « l’identité sexuelle phénotypique » ou « sexe phénotypique ». Le phénotype correspond à l’ensemble des caractères que possède un individu. Les caractères sexuels primaires, c’est-à-dire acquis dès la naissance, ne sont pas les mêmes chez la fille et le garçon. Les caractères sexuels secondaires acquis à la puberté peuvent être communs ou spécifiques à chacun des deux sexes. 

Caractères sexuels primaires (cadre rose) et secondaires chez la femme et l’homme :


Caracteres sexuels secondairesSource : Human body features-fr.svg, Par Jmarchn via Wikimedia commons, CC-BY-SA-3.0, modifié par Sandra Rivère, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Human_body_features-fr.svg

À l’échelle des organes reproducteurs, on note une organisation presque similaire, à savoir la présence de deux gonades et des voies de communication vers l’extérieur. On appelle « gonade », un organe sexuel qui produit des gamètes ou cellule reproductrice. On observe ainsi chez les hommes des testicules qui produisent des spermatozoïdes et chez les femmes deux ovaires qui produisent des ovules. On parle d’identité sexuelle gonadique ou sexe gonadique.





 

Organisation des appareils reproducteurs masculin et féminin :

Appareil genital male profil perspective

Appareil genital femelle vue 3d
Sources :Appareil génital femelle - Vue 3D.svg R. Dewaele (Bioscope, Unige), J. Abdulcadir (HUG), C. Brockmann (Bioscope, Unige), O. Fillod, S. Valera-Kummer (DIP), www.unige.ch/ssi, via Wikimedia commons, CC-BY-SA-4.0, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Appareil_g%C3%A9nital_femelle_-_Vue_3D.svg?uselang=fr

Appareil génital mâle - Vue 3D. R. Dewaele (Bioscope, Unige), J. Abdulcadir (HUG), C. Brockmann (Bioscope, Unige), O. Fillod, S. Valera-Kummer (DIP), www.unige.ch/ssi, via Wikimedia commons, CC-BY-SA-4.0,,

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Appareil_g%C3%A9nital_m%C3%A2le_-_Vue_3D.svg

3) La détermination du sexe de l'enfant

L’identification du sexe d’un enfant peut se faire in utero par échographie dès le quatrième mois de grossesse. À ce stade, les gonades jusqu’alors indifférenciée, présentent une structure différenciée, c’est-à-dire soit masculine (testicule) soit féminine (ovaire).

La détermination du sexe de l’enfant se réalise dès la fécondation. En effet chaque gamète transporte un lot de 23 chromosomes et l’union des deux, rétablit le caryotype : 46 chromosomes soient 23 paires seront à l’origine de l’édification du nouvel individu. La comparaison des caryotypes d’un garçon et d’une fille révèle la présence de chromosomes sexuels appelés « gonosomes » identiques chez la fille et différents chez le garçon.

Caryotype d’un homme avec en dernière paire un chromosome X de grande taille et un chromosome Y de petite taille :

Nhgri human male karyotype

Caryotype d’une femme avec en dernière paire deux chromosomes X de grande taille (il y en a un de plié sur lui-même)

Mapa genetico o cariograma

Sources : Mapa genético o cariograma.jpeg CC-BY-SA-3.0-migrated Via Wikimedia commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mapa_gen%C3%A9tico_o_cariograma.jpeg

NHGRI human male karyotype.png Par Courtesy: National Human Genome Research Institute, via Wikimedia commons, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:NHGRI_human_male_karyotype.png?uselang=fr

 

La présence de chromosome Y, inexistant chez la fille, laisse supposer qu’il est responsable de la différenciation des gonades en testicules et donc de la mise en place de l’appareil reproducteur masculin. Certains individus présentant des anomalies de caryotype permettent de confirmer le rôle de ce gonosome Y. Les individus atteints du syndrome de Klinefelter présentent caryotype XXY et sont de sexe masculin tout en présentant quelques caractères secondaires féminins. Les individus atteints du syndrome de Turner de caryotype X0 sont de sexe féminin mais si les ovaires sont présents, ils ne sont pas fonctionnels et les voies génitales peuvent présenter des anomalies de formation. Ainsi le gonosome X semble déterminer le sexe féminin et le gonosome Y semble déterminer le sexe masculin.

Le gonosome Y porte peu de gènes. Il existe des garçons de caryotype XX qui possèdent sur l’un de leur gonosome X, un gène appelé SrY normalement présent à l’extrémité supérieure du gonosome Y. Cette translocation accidentelle chez le père du gène SrY du chromosome Y sur le chromosome X permet d’émettre l’hypothèse que c’est ce gène qui est responsable de la masculinisation des gonades. 

L’étude du gène SrY du gonosome Y d’individu XY de sexe génétique masculin mais présentant un sexe gonadique féminin, révèle la présence d’une mutation dans celui-ci. La preuve est faite que le gène SrY est impliqué dans la différenciation des gonades en testicules. 

Ainsi on peut affirmer que le sexe génétique d’un individu est responsable du sexe gonadique de celui-ci.

4) Le fonctionnement des organes reproducteurs dépend du sexe gonadique 

Chez les garçons, la production des gamètes se fait en continu, de la puberté jusqu’à la mort. Parfois elle s’arrête avant le décès : on parle d’andropause. Les spermatozoïdes sont formés en 72 à 74 jours dans de nombreux tubes appelés tubes séminifères, à partir des cellules spécifiques appelées spermatogonies. La division de ces cellules en spermatozoïdes se fait sous le contrôle de cellules spécifiques appelées cellules de Sertoli. Ces dernières sont activées par une hormone produite par les cellules interstitielles, c’est-à-dire situées entre les tubes, et appelés cellules de Leydig. Cette hormone est la testostérone. Si on inactive les récepteurs des cellules-cibles de la testostérone dans les tubes séminifères, c’est-à-dire les cellules de Sertoli, on n’observe pas de production de spermatozoïdes.

Production de spermatozoïdes dans les tubes séminifères des testicules :

800px tubulo seminifero

Source : Túbulo seminifero.png par Gilbert Scott F., via Wikimédia commons,CC-BY-3.0

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:T%C3%BAbulo_seminifero.png

Le fonctionnement de l’appareil reproducteur féminin est aussi régi par des hormones. Ces dernières sont produites par le follicule, structure ovarienne constituée de nombreuses cellules et entourant l’ovule en maturation. Dans la première partie du cycle féminin,  les cellules folliculaires produisent des hormones appelées œstrogènes qui vont permettre aux cellules de la muqueuse utérine de se développer. Après l’ovulation, c’est-à-dire après expulsion de l’ovule en dehors du follicule, le follicule change de couleur et d’activité et se met à produire, en plus des œstrogènes, de la progestérone. Il prend alors le nom de corps jaune. Cette progestérone induira une spiralisation des vaisseaux de la muqueuse utérine ainsi qu’une production par celle-ci de glycogène, sucre complexe utilisé par l’embryon dans les premiers stades de développement après la nidification et avant la mise en place du placenta.

Cycle féminin :


Cycle sans lh fsh

Source : MenstrualCycle.pngChris 73 | Talk  derivative work: Clouloune (d), via Wikimedia commons  CC-BY-SA-3.0, modifié par Sandra Rivière https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cycle-Menstruel.png?uselang=fr

Les hormones produites par les gonades différenciées jouent donc un rôle prépondérant dans le fonctionnement des appareils reproducteurs. La mesure de leur taux dans le sang révèle leur présence dès le début de la puberté corrélée à l’apparition des premiers caractères sexuels secondaires. Les gonades inactives pendant l’enfance ont donc été activées, ce qui est l’origine du déclenchement de la puberté. Ce sont des hormones produites par l’hypophyse, la LH et la FSH et dont les cellules cibles sont les cellules des testicules ou des ovaires, qui sont responsables de cette activation.

Localisation de l’hypophyse :

Hypophyse

Source : Localisation de l’hypophyse : Hypophyse.png Par Patrick J. Lynch, medical illustrator via wikimédia commons, CC-BY-SA-3.0,2.5,2.0,1.0, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hypophyse.png

Ainsi le sexe génétique est responsable du sexe gonadique lui-même responsable du sexe phénotypique.

Schéma bilan : 

Sandra Rivière ©RS.2019

Identite sexuelle

 

Devenir Homme ou Femme : de la Fécondation à la puberté - SVT - SANTÉ 2nde #1 - Mathrix

Date de dernière mise à jour : 08/06/2021